vendredi 6 février 2009

Léo Ferré


Depuis quelques temps je replonge, non pas dans l'eau glaciale de Bretagne, il faudra attendre quelques mois, mais dans les chansons et textes de Léo Ferré.
Quand je faisais de la radio, j'avais eu le privilège de le rencontrer et l'interviewer. Attentif, aimable, il était aux antipodes de l'image d'anar insupportable qui lui collait à la peau, un merveilleux souvenir pour moi !!!

Je vous livre ici les paroles de : A toi


La forêt qui s'élance au ciel comme une verge

Les serments naufragés qui errent sur la berge

Les oiseaux dénoncés que le chasseur flamberge
Les diamants constellés qui fuient les pâles couches

Tous les yeux de la rue qui crèvent sur ta bouche

Le pavé que tu foules et ma voix que tu touches

Les amants accolés muets comme la cire

Les culottes des femmes où le monde se mire

Les fauves repentis qui rendent des martyrs

Le ventre des pendus qui coule des potences

Les noces pathétiques où les larmes sont rances

Les émigrants qui n'ont jamais de pain d'avance

Les mains transfigurées qui règlent la tzigane

Baudelaire et Shakespeare au chevet des profanes

Les chevaux condamnés et leur dernière avoine

La voix pour commander à mille couturières

Un lit avec le Parthénon comme litière

Le cathéchisme de la joie la vie entière

Des violons barrissant les complaintes futures

Des tonnes de crachat sur la Critiquature

Le vent du large et des bûchers pour les clôtures

Des langues pour parler aux Chinois faméliques

Des poumons pour souffler au ventre des phtisiques

Des javas pour brouiller les chants patriotiques

Le ruisseau qui jouit jusqu'au Havre sans trêve

Le malheureux le chien qui meurt l'homme qui crève

Le sang des femmes qui sont mortes sans un rêve

Les cheveux élagués qui cherchent des caresses

Le remords amical du prêtre qui confesse

Les yeux des tout-petits riboulant de tendresse

L'orgue de la nature au souffle de violettes

Les rendez-vous mystérieux sous la voilette

Le numéro que tu voulais à la roulette

Les portes de secours battant sur les étoiles

Les Vendredis des Robinsons des capitales

La boussole des veuves aveugles sous leur voile

Le vain espoir des mitraillés sous la mitraille

La poitrine qui bat sous les pâles médailles

Les jésus désertant le fruit de tes entrailles

Les dentelles flottant au nez de la misère

Le loup blessé à mort qu'on regarde se taire

Le chant du coq et le silence de saint Pierre

Les cœurs déchiquetés qui parlent aux fantômes

Les gens de bien qui ont désintégré l'atome

Le Capital qui joue aux dés Notre Royaume

ET PUIS la majuscule ennui qui nous sclérose

Mon pauvre amour car nous pensons les mêmes choses

En attendant que l'Ange nous métamorphose...


2 commentaires:

  1. je devrais relire mes textes
    car pour déplaire à Martine, j'ai laissé passer quelques fautes de zortograf
    sorry

    ps dans ce cas de figure, c'est le danger du copier coller

    élève Tassuad doit mieux faire

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  2. Léo Ferré a son théâtre à Marseille: le Toursky qui est dirigé par le comédien qui lit le mieux ses textes: son ami Richard Martin. C'est un endroit où on lui a fait une place de choix. Je le rencontre souvent dans ce lieu qu'il a fréquenté. Plusieurs artistes viennent lui rendre hommage. Je me souviens d'un ballet de Pietragalla ou de Lavilliers pour les plus connus. Le chanteur Murat a repris plusieurs de ses chansons.

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